Archive de la catégorie ‘Grimm’

Compte-rendu des 5e rencontres académiques du musée Grimm

Mardi 16 décembre 2008

Compte-rendu des 5e rencontres académiques du musée Grimm

Fünftes Kasseler Akademie-Gespräch

Colloque « Probleme der historisch-kritischen Ausgabe und der fremdsprachigen Übersetzung der „Kinder- und Hausmärchen“ der Brüder Grimm »

Kassel, 12 et 13 décembre 2008.

 

Le colloque, qui s’est déroulé au sein même du musée, dans une des salles d’exposition réquisitionnée pour l’occasion, s’organisait en deux demi-journées.

La première était consacrée à une discussion, ponctuée par les interventions de Bernhard Lauer et d’Alfred Messerli, qui concernait les problèmes épistémologiques et matériels liés au projet d’une nouvelle édition critique des KHM en Allemagne. À l’heure actuelle, il n’existe en effet pas d’édition critique qui réunirait de manière exhaustive l’ensemble des versions des différents contes : l’édition Reclam établie par Rölleke fait référence, mais n’est fondée que sur la dernière édition du vivant des Grimm, la plus complète, celle de 1857 (avec le volume de notes de 1856). Le but de cette nouvelle édition serait de présenter l’évolution du corpus des KHM du vivant des Grimm, en établissant l’ensemble des variantes des textes, du manuscrit où les deux frères ont noté leurs premiers récits à partir de 1808 à la septième édition publiée en 1857. Pendant cinquante ans, les deux frères n’ont cessé d’augmenter et de remanier leur collection, mais aucun travail philologique de grande ampleur n’a été fait pour montrer cette évolution des textes : le travail a été fait pour certains textes isolés, et certaines modifications majeures ont été signalées dans des études ponctuelles. L’ambition d’une telle édition, destinée à combler un manque éditorial, permettrait également de célébrer dignement le jubilé, en 2012, de la première publication des contes des deux savants allemands. Cette édition serait accompagnée d’une publication internet qui permettrait de mettre en évidence des éléments secondaires, comme par exemple les sources littéraires des Grimm (Perrault, Basile, etc.) afin de ne pas surcharger la version papier. Un rapide panorama des versions des contes de Grimm disponibles sur internet, établi par Daniel Stein, a d’ailleurs montré l’insuffisance ou la partialité des choix éditoriaux : la plupart du temps, n’est jamais indiquée quelle est la version utilisée. Comme si les « contes de Grimm » étaient nés de nulle part, et avaient tout de suite adopté une forme définitive et stable.

La seconde demi-journée, le samedi matin, avait pour but de présenter les différents enjeux et problèmes liés à la traduction des contes. Une première conférence théorique de Bernhard Weisgerber a essayé de cerner les différents problèmes liés à la traduction des contes : passage d’un système linguistique à un autre, absence d’équivalents, ou au contraire polysémie de la langue seconde, mais aussi problèmes de syntaxe, de traduction des noms propres et des dialectes. Par ailleurs, le problème se pose toujours, en lien avec ce qui a été décrit pendant la première partie du colloque, de l’identité du texte de départ : quelle version prendre, celle de 1857 ou bien une autre ? Ensuite, Natacha Fertin a présenté la nouvelle traduction française, intégrale et scientifique, à paraître chez José Corti en mai 2009, et les différents principes qu’elle a adoptés au cours de sa traduction. François Fièvre, de son côté, a fait le point sur l’histoire de l’édition anglaise des contes au XIXe siècle, soulignant les enjeux commerciaux, littéraires, mais aussi artistiques (les éditions anglaises étant le plus souvent illustrées) de la réception des contes dans l’Angleterre de cette époque. Enfin, Lu Xia a fait un rapide point sur les premières traductions chinoises des KHM, qui apparaissent au tournant des XIXe et XXe siècles, à un moment où s’opère la distinction entre chinois classique et chinois courant, et dans une ère géographique où la distance culturelle par rapport à l’Allemagne nécessite davantage d’efforts d’adaptation ou de clarification de la part du traducteur.

Le colloque s’est terminé sur une réunion du conseil scientifique de la Brüder Grimm Gesellschaft, qui a dessiné les projets futurs de l’association, que ce soit en terme de journées d’études ou de publications.

Compte-rendu par François Fièvre des Ombres vertes

REVEILLON CHEZ LES GRIMM

Mardi 16 décembre 2008

A l’occasion des fêtes de Noël, France Culture consacre une programmation spéciale aux contes de Grimm à partir du lundi 22 décembre.
Avis aux amateurs de contes …
Bonne écoute et bonnes fêtes à tous!

du lundi 22 au dimanche 28 décembre REVEILLON CHEZ  LES GRIMM
« LES CONTES POUR LES ENFANTS ET LA MAISON » des frères Grimm enregistrés en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe

Publié pour la première fois en 1812-1815, le recueil de contes des frères Grimm devait connaître une grande fortune littéraire, au point d’être, près de deux cents ans plus tard, l’ouvrage en langue allemande le plus traduit et le plus célèbre dans le monde entier, après la Bible de Luther. La postérité a retenu un nom collectif, « les frères Grimm », mettant au second plan leurs prénoms respectifs, Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859), les deux aînés d’une fratrie composée de cinq frères et d’une sœur. Si on les désigne ainsi, c’est en raison de la formidable communauté de vie et de création qu’ils ont formée durant près de soixante ans. Le but qu’ils poursuivaient était avant tout d’ordre scientifique : au fil des sept éditions successives qu’a connu de leur vivant le recueil de contes, ils ont continué à collecter des récits d’origines géographiques diverses, issus de sources écrites et orales, les accompagnant de préfaces et de commentaires. A la différence de leurs ouvrages consacrés au patrimoine littéraire et linguistique de l’Allemagne, les Grimm ont choisi de mettre en lumière le caractère universel des contes, ce qui témoigne d’une connaissance des langues et des littératures étrangères qui force l’admiration, ainsi que de leur ouverture au monde.

Les Contes pour les enfants et la maison des frères Grimm sont à paraître dans une toute nouvelle traduction de Natacha Rimasson-Fertin aux éditions José Corti dans la collection Merveilleux en mai 2009.

du lundi 22 au vendredi 26 décembre
20h – 20h30 REVEILLON CHEZ LES GRIMM
lundi 22 décembre Le conte du genévrier – Jorinde et Joringel
Lecture par Ariane Ascaride
Enregistrement en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe dimanche 14 décembre à 15h
Ces contes ont en commun leur caractère sombre et inquiétant, qui s’incarne tantôt dans le personnage de la marâtre, tantôt dans celui de la sorcière qui règne sur la forêt. Mais comme le veut la loi du genre, le bien et l’amour finissent par triompher…
mardi 23 décembre Monsieur Korbès  -  Les gens avisés –  L’oie d’or  -  La clé d’or
Lecture par Jacques Bonnaffé
Enregistrement en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe samedi 13 décembre à 17h
Mise en scène Olivier Py, réalisation Christine Bernard-Sugy
Sagesse et folie ne sont pas toujours là où on le croit : tel est le message de Monsieur Korbès, Les gens avisés et L’oie d’or, trois contes satiriques où le triomphe appartient à celui que l’on tient pour idiot ou insignifiant. Dans ces récits, la sympathie du lecteur-auditeur va aux innocents, à qui la chance sourit, et le rire l’emporte lorsqu’animaux et objets se liguent contre l’homme.
mercredi 24 décembre Les souliers usés à la danse – Rumpelstilzchen – Les trois fileuses
jeudi 25 décembre La salade qui transforme en âne – Gretel la maligne
vendredi 26 décembre Le conte du pêcheur et de sa femme – Le renard et les oies
réalisation Jean-Matthieu Zahnd

samedi 27 décembre
20h – 21h DROLES DE DRAMES REVEILLON CHEZ LES GRIMM
La vraie fiancée d’Olivier Py d’après les frères Grimm
mise en scène Olivier Py
version radiophonique réalisée par Christine Bernard-Sugy
Enregistrement en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe samedi 13 décembre à 15h
Pour Olivier Py, les contes des frères Grimm n’ont été que trop longtemps « considérés comme une vitrine idyllique pour petites filles en quête de prince ». La plupart de ces contes n’ont rien de puéril, au contraire : recueillis et rédigés par des contemporains de la grande génération du romantisme allemand, leur merveilleux est d’autant plus frappant qu’il se détache sur un fond de gravité. L’oeuvre des frères Grimm offre « un moyen de parler aux enfants de ce dont on ne leur parle pas ». Deux des contes des frères Grimm ont d’ores et déjà été adaptés par le metteur en scène : La Jeune fille, le diable et le moulin et L’eau de la vie. À l’occasion de leur présentation aux Ateliers Berthier, il a décidé de leur adjoindre l’adaptation d’une troisième histoire, La vraie fiancée, surprenant carrefour où Cendrillon croise Peau d’Âne : « Il était une fois une fille jeune et belle, mais sa mère était morte quand elle était enfant, et sa marâtre faisait tout pour la chagriner… »
Avec Céline Chéenne, Samuel Churin, Sylvie Magand, Thomas Matalou, Antoine Philippot, Benjamin Ritter.
La vraie fiancée d’Olivier Py est jouée aux Ateliers Berthier du 23 décembre 2008 au 18 janvier 2009 dans une mise en scène d’Olivier Py. La pièce est à paraître chez Actes-Sud Papiers en décembre 2008.

dimanche 28 décembre
17h30 – 18h ENFANTINES REVEILLON CHEZ LES GRIMM
La gardeuse d’oies à la fontaine
Réalisation Jean-Matthieu Zahnd

Et aussi

lundi 22 décembre
12h-13h30 TOUT ARRIVE par Arnaud Laporte
Avec Olivier Py

samedi 27 décembre

18h30-19h JUSQU’A LA LUNE ET RETOUR par Aline Pailler
Grimm et les enfants

22h10 – 23h PERSPECTIVES CONTEMPORAINES coordination Blandine Masson
Blanche-Neige de Robert Walser
Réalisation Jean Couturier
Blanche-Neige est l’un des écrits décisifs de Robert Walser comme le souligne Walter Benjamin, dès 1929 : «… Blanche-Neige, l’une des œuvres les plus profondément significatives de la poésie récente. Elle suffit à elle seule à faire comprendre pourquoi cet écrivain, apparemment le plus fantaisiste de tous, fut un auteur de prédilection pour l’inflexible Kafka. » De la Blanche-Neige des Grimm, qui sert de prologue implicite à cette œuvre poétique-dramatique où tout se joue une fois « qu’ils furent heureux » entre une Belle-mère équivoque et bien vivante, un chasseur viril et un prince fuyant, ne semblent rester que ces mots de Blanche-Neige : « C’est un mensonge noir et fou, dur à entendre, bon à faire peur aux enfants. Va-t’en mensonge ! »
Avec Pierre Notte, Alice-Yann Schmidt, Michel Robin, Francine Bergé, Olivier Martial.
Le texte est édité chez José Corti.